Pourquoi suivre un master en Chine ?

EspaceGrandesEcoles.com : 04/05/2010

En plus des trois campus français, de Lille, Sophia-Antipolis et Paris, SKEMA Business School dispose actuellement de deux autres campus implantés à Suzhou en Chine et à Casablanca. Cette multipolarité des campus offre de nombreuses opportunités aux étudiants français, notamment en Chine. Entretien avec Alice Guilhon, Directrice Générale de SKEMA Business School.

Pourquoi avez-vous choisi d’implanter un campus en Chine ?
En 2008, nous avons choisi de nous installer au cœur d'un des plus grands technopoles de Chine, Suzhou, pour placer nos étudiants au cœur de la dynamique de création de connaissances en Asie. En fusionnant l’an passé nos deux écoles fondatrices, le CERAM et l’ESC Lille, ont donné naissance à SKEMA dont l’un des objectifs est de concilier au quotidien les attentes des entreprises et celles des étudiants. Et ce dans un contexte d’économie de la connaissance qui passe inévitablement par la mobilité, l’internationale, le partage, les expériences vécues dans différentes régions. Cette économie de la connaissance nécessite des talents particuliers bien différents de ceux dont avait besoin, depuis une quarantaine d’années, l’économie industrielle. Nos étudiants ont eux aussi radicalement changé. Ils sont avides de connaissance, férus de réseaux sociaux et, contrairement à leurs aînés, zappent continuellement d’une entreprise à l’autre, d’un monde à l’autre.
 
Quel est donc votre nouveau modèle multipolaire ?
Dans ce contexte, il nous est apparu essentiel de coller au modèle de l’entreprise internationale en concevant un modèle de formation multipolaire, autour de la notion de partage de connaissance, de réseaux sociaux, d’utilisation de nouvelles technologies, d’usage permanent de langues étrangères et de le créer là où se crée la connaissance. Notre implantation en Chine, et demain aux USA, en Inde et au Brésil notamment, part de ce principe. Une business school ne peut pas fonctionner indépendamment des entreprises. Nous avons choisi de nous installer, en France ou ailleurs, à leurs côtés, au cœur même de grandes technopoles. En Chine, la technopole de Suzhou accueille de grands noms tels que Véolia, Areva, Microsoft, etc. qui y ont installé des centres de fabrications, de recherche et de développement.
 
Qu’est-ce qui vous démarque des autres écoles françaises en Chine ?
Aujourd’hui 170 étudiants – et l’an prochain 200 – sont partis étudier sur notre campus chinois. Contrairement à nos homologues, nos étudiants ne partent pas dans le cadre d’un programme d’échanges ou au sein d’un programme proposé par un partenaire académique international, mais suivent le programme anglophone SKEMA, en Chine. Nous avons notre propre « staff » dont un service chargé de trouver des stages ou des projets de thèses professionnelles sur place, à nos étudiants. Notre directrice a dirigé pendant près de 20 ans l’Alliance française de Shanghai. Elle parle couramment le chinois, l’anglais et le français. Elle a donc une longue expertise des pratiques de ce pays. Elle connaît toutes les subtilités et les difficultés que peuvent rencontrer nos étudiants qu’elle côtoie quotidiennement. Jamais des étudiants n’avaient eu un tel encadrement. Il est nécessaire parce que la Chine est un pays où il n’est pas toujours facile de vivre. Nos étudiants sont sensibilisés à la culture chinoise et aux us et coutumes avant de partir.
 
Quel intérêt présente un séjour d’études en Chine pour les étudiants ?
Nous avons « designé » un programme spécifique pour répondre à un besoin local : le programme « Doing business in Asia ». Chaque étudiant doit suivre quotidiennement 3 heures de mandarin, des cours de culture et société parce que l’on ne négocie pas de la même manière avec un chinois qu’avec un américain. Les cours de stratégie, de droit, de gestion, de finance, appliqués aux marchés asiatiques viennent compléter leurs connaissances. Pour couronner le tout, ils doivent effectuer un stage en entreprise au sein d’une entreprise sur place, dans un pays réputé difficile culturellement parlant. Cette expérience est irremplaçable et plus que valorisante sur un marché de l’emploi concurrentiel et mondial. Gageons que nos diplômés seront largement exploités leurs atouts. Nous savons que les entreprises seront séduites par leur CV, par leur mobilité intellectuelle et physique, par leurs facultés d’adaptation et leurs capacités à appréhender des marchés économiques asiatiques parfois rudes, leurs aptitudes à négocier, à écrire un contrat, à ne pas perdre la face vis-à-vis d’un négociateur chinois.
 
Vous projetez d’ouvrir des campus aux USA, en Inde et au Brésil ? D’autres projets dans les cartons ?
Nous comptons développer un programme en tourisme durable en Chine ainsi qu’un MSc Luxury and Fashion Management. Aux USA, nous ouvrirons le programme « Doing business in North America », un programme qui se déclinera plus tard au Brésil et en Inde. Enfin, nous allons regrouper les campus parisiens de La Villette et de La Défense, dans un seul et même immeuble. Nous finaliserons prochainement l’achat d’un bâtiment dans Paris.

Propos recueillis par Karine Darmon    


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