Pourquoi intégrer un MBA ?

EspaceGrandesEcoles.com : 10/06/2010

Le sigle MBA est connu de tous. Mais son histoire et son contenu le sont moins.
Plongée dans les coulisses d'un diplôme multiforme qui possède de nombreux atouts : hausse des salaires, des responsabilités…

MBA (Master of Business Administration) : ces trois lettres ainsi accolées ont près d'un siècle. Créé au début des années 1920 aux États-Unis dans les Business Schools, ce diplôme généraliste de niveau bac+5 en management est aujourd'hui connu et reconnu dans le monde entier.

À l'époque, il s'adressait à de jeunes cadres américains désireux de donner une nouvelle impulsion à leur carrière en prenant des responsabilités. Les ingénieurs étaient les plus concernés. Cette formation leur permettait, en deux ans, de se forger un profil généraliste. Les disciplines comme les mathématiques, les techniques quantitatives de management, la comptabilité, les statistiques et les finances étaient alors enseignées. D'ailleurs, ces matières sont toujours largement plébiscitées dans les programmes actuels.

Les MBA débarquent en Europe
Au fil des ans, le MBA a fait ses preuves. L'enseignement, qui comprend à la fois des cours généralistes de management ainsi qu'une possibilité de spécialisation dans certains domaines (marketing, finance, logistique...), s'impose. L'Europe est séduite à son tour, ce qui se traduit par la naissance d'un premier MBA à l'Insead de Fontainebleau dans les années 1950. Dans les années 1960, le Royaume-Uni développe le concept. Deux écoles de commerce britanniques, à Manchester et à Londres, importent cette formation. Par la suite, la France s'inspire du modèle américain.
Le MBA apparaît au sein d'écoles de commerce. La pionnière est HEC, en 1969, avec la création de l'ISA (Institut supérieur des affaires). L'Essec et les autres lui emboîtent le pas...

Un cursus adapté aux entreprises
Le développement d'un marché économique planétaire sourit aux MBA. Les entreprises sont à l'affût de profils internationaux capables de s'adapter à diverses stratégies de marché. Multiculturel, le plus connu des diplômes de management répond aux exigences de l'économie mondiale. Les étudiants préparent un diplôme de management internationalement reconnu. Ils suivent des cours majoritairement – voire exclusivement – délivrés en anglais. L'environnement de travail est multilingue. Certaines écoles proposent des parcours de formation itinérants... Et le contenu pédagogique, qui allie théorie et pratique, offre une vision globale du monde économique en formant les étudiants aux techniques de management des quatre coins de la planète. Autant d'atouts qui expliquent la notoriété sans égal du MBA auprès des multinationales et des grands groupes présents sur différents continents.
Les fluctuations du marché, engendrées par les politiques de concentration, de rachat et de fusion, impliquent aussi de nouvelles compétences que sanctionne une formation en management comme le MBA. Une fois ce diplôme prestigieux décroché, leurs titulaires peuvent diriger des équipes dans le monde entier, s'adapter aux évolutions du marché, mettre en place des stratégies commerciales efficaces...

Un standard qui triomphe
À l'heure actuelle, rares sont les écoles de commerce qui ne proposent pas ce cursus dans leur portefeuille de programmes. Le MBA s'est imposé comme le diplôme phare de l'enseignement supérieur français en matière de management. Aux quatre coins de la planète, une trentaine de pays le proposent aussi dans différents domaines. À l'origine, le diplôme était calqué sur l'enseignement américain. Puis, au fil du temps, le succès aidant, les établissements ont adapté leurs formations tout en préservant la finalité du diplôme. Aujourd'hui, par exemple, les critères de sélection dans les MBA américains et européens diffèrent. En Europe, les établissements sont plus exigeants sur l'expérience en entreprise.

Le MBA renforce souvent un parcours professionnel déjà bien accompli. Il s'adresse essentiellement à des cadres confirmés qui souhaitent accéder au sommet du management. Aux États-Unis en revanche, il vise davantage les profils d'étudiants et de jeunes diplômés. Aujourd'hui, le MBA se prépare dans 750 Business Schools. L'Europe compte près de 350 programmes, dont certains n'ont rien à envier aux Américains. Au total, 1 250 institutions dans le monde (universités, écoles de commerce ou de management) proposent une telle formation. En cinquante ans, le MBA a attiré plus d'un million de participants. Ce véritable engouement s'est pourtant essoufflé au début des années 1990, eu égard à la crise économique mondiale. Sa pertinence avait alors été remise en question. Ses méthodes de sélection étaient jugées peu rigoureuses. Et son enseignement était critiqué à cause du non-renouvellement des disciplines. Mais, depuis quelques années, malgré le ralentissement de la croissance, le MBA fait un retour en force et s'affiche à nouveau comme une formation de pointe. La procédure de sélection des étudiants a été renforcée. La formation s'est ouverte à l'international (cours en anglais, environnement de travail multiculturel, immersion à l'étranger, etc.).
Et l'enseignement s'est diversifié. Plus proche des réalités professionnelles, il comprend des « soft skills », c'est-à-dire des cours sur des situations vécues en entreprise. Le management relationnel apparaît dans certains programmes sous forme de cours de sociologie, de psychologie, de communication, de gestion des conflits, etc.

Une offre de plus en plus spécifique
Multinationales, banques d'affaires et cabinets de consultants ne jurent que par ce précieux sésame. Et pour répondre aux attentes des entreprises, les programmes se multiplient et se singularisent : MBA Company (formations sur mesure pour une entreprise et ses salariés) ou Executive MBA (pour les cadres supérieurs salariés) ; MBA généralistes (pour les jeunes diplômés) et MBA spécialisés (pour les candidats qui souhaitent développer une expertise dans un secteur d'activité) : l'industrie du luxe et le management hôtelier à l'Essec ; l'aéronautique à l'ESC Toulouse ; le vin à Bordeaux École de management et même le management du football à Liverpool, ou l'industrie de la mode et du design à Milan. Côté format, là aussi, le choix ne manque pas. Il existe plusieurs types de MBA. Ils s'étalent sur une période qui varie de neuf mois à deux ans. Vous pouvez les préparer à temps plein, à temps partiel, en modules, à distance. Mais, en France comme aux États-Unis, le MBA n'est pas un diplôme protégé. Dans l'Hexagone plus particulièrement, il n'est pas reconnu comme un diplôme d'État. Cela a comme conséquence directe une pléthore de programmes, où le meilleur côtoie le pire, n'importe quelle école pouvant décider d'ouvrir un cursus MBA. Vous devez donc choisir le vôtre avec soin. Reste que le MBA dispose d'atouts pour vous séduire.

Profiter d'un bond salarial
Certaines écoles évoquent une progression salariale de l'ordre de 20 à 30 %. Plus elles sont cotées, plus le salaire grimpe. En France, un diplômé de MBA gagne autour de 61 000 € brut par an. Avec un MBA américain, il percevra au moins 15 000 € de plus. Le diplômé MBA peut par ailleurs tabler sur une augmentation importante dans les années qui suivent l'obtention de son diplôme : 25 % de plus en moyenne au bout de trois ans. Malheureusement, dans certaines entreprises, le MBA peut se révéler handicapant. Soit parce que le recruteur n'est pas capable de satisfaire les prétentions du diplômé, soit parce qu'il refuse de modifier sa politique salariale. Pour les MBA les moins réputés, le retour sur investissement –
16 500 à 40 000 € annuels de frais de scolarité, voire plus pour un MBA américain – n'intervient pas immédiatement après l'obtention du diplôme, mais seulement à long terme. La conjoncture économique entre aussi en ligne de compte.

Acquérir une vision globale
Axée surtout sur la gestion, cette formation permet d'avoir une vision transversale des fonctions qui régissent une entreprise : comptabilité, finance, marketing, gestion des ressources humaines, logistique, etc. Cette multitude de disciplines permet à des profils généralistes de résoudre de nombreux problèmes liés au management dans les différentes activités de l'entreprise.

Étoffer un réseau relationnel
À l'issue de la formation, les diplômés se constituent un bon carnet d'adresses. Ils disposent ainsi de contacts dans le monde entier, dans divers secteurs d'activité. Et ces correspondants occupent souvent les fonctions clés dans leur entreprise. La plupart des écoles abritent par ailleurs des associations diverses, dont celles des anciens. Actives, elles sont utiles en matière de cooptation, de conseil et d'échange d'expériences vécues.

Obtenir un visa pour l'international
Créé aux États-Unis, réputé sur toute la planète, le MBA est par essence ouvert au monde. Et l'organisation des études inclut une dimension internationale : cours délivrés en anglais – même dans les MBA français –, professeurs étrangers, étudiants de diverses nationalités... De plus, les problématiques managériales sont abordées d'une manière globale. À l'heure de la mondialisation économique, un MBA constitue une vraie plus-value pour le diplômé. Il lui permet de se forger un profil multiculturel et de concrétiser un projet professionnel à l'étranger.

Marquer une pause
Le MBA est souvent l'occasion pour les cadres en activité de prendre un peu de distance avec leur vie de bureau. Il leur offre ainsi l'opportunité de réfléchir à l'orientation qu'ils veulent donner à leur carrière et d'élaborer de nouveaux projets professionnels. C'est, parallèlement, l'occasion de valoriser des expériences antérieures.

Développer son savoir-être
Certes, les compétences en management de « l'étudiant » vont s'élargir. Mais il va aussi côtoyer des gens venus d'horizons divers. Il va développer ses capacités de travail en équipe et de décision en situation complexe. Mais il y gagnera aussi en maturité et en confiance. En somme, il apprendra à mettre en œuvre des démarches et des techniques de travail personnelles, pour développer son efficacité au quotidien. Il pourra ainsi mieux valoriser ses compétences face aux entreprises.

S'initier à de nouvelles méthodes
Travailler vite et bien, décider, penser de manière concrète, réfléchir d'un point de vue opérationnel... Mais le programme est exigeant et dense. Il requiert un fort investissement intellectuel et physique.

Apprendre à devenir fin stratège
Le MBA prépare à une carrière managériale en France et à l'étranger. Les cours sont inspirés de situations vécues en entreprises, propres à des problématiques de management : la gestion de conflits, l'animation d'équipes, la conduite de réunions, etc.

Étudier ailleurs
Préparer un MBA, c'est aussi l'occasion de tenter l'expérience d'une université étrangère, de découvrir un pays différent et une autre culture, et d'affiner réellement son profil international.

Donner une impulsion à sa carrière
Des entreprises prestigieuses ouvrent leurs portes aux titulaires d'un MBA. Elles leur confient aussi des postes et des missions stratégiques. Les ingénieurs, les juristes et les scientifiques sont d'autant plus concernés que ce cursus leur permet d'acquérir une double compétence. À l'issue de leur formation, certains diplômés changent d'employeur, d'autres de métier. Le MBA est considéré comme le diplôme des futurs hauts potentiels et cadres dirigeants. Mais, dans une enquête publiée par le magazine BusinessWeek, les diplômés des écoles les plus cotées avouent que le nom de leur établissement compte plus que les connaissances acquises. Autrement dit, un MBA permet à un cadre d'atteindre un haut niveau de management. À condition de bien choisir son école.

Les MBA en chiffres  
Nombre de MBA dans le monde : plus de 3 000
Nombre de candidats : environ 100 000 par an
Coût de la scolarité : de 10 000 à 60 000 €
Sources : World MBA Tour

 


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