Qu'est-ce qu'un MBA ?
EspaceGrandesEcoles.com : 10/06/2010
Cette formation, mondialement auréolée de succès, est dédiée à la gestion et au management à l'international. En Europe, le MBA est le plus souvent destiné aux cadres qui justifient d'une expérience significative.
MBA : trois lettres connues de tous. Le master business administration demeure une référence sur le marché international de la formation. Nombre de participants avancent avoir donner, grâce à lui, une réelle dimension internationale à leur carrière tout en partageant et travaillant avec d’autres participants venus d’horizons culturels et professionnels diamétralement différents.
Parmi eux, des actifs (plus rarement des jeunes diplômés en Europe), appelés un jour à occuper de hautes fonctions managériales. Profil des intéressés : des ingénieurs qui ont souhaité changer de carrière, le MBA ayant été en partie conçu pour eux, des juristes ou des scientifiques en quête de double compétence et ceux pour qui le MBA constitue un préliminaire à une carrière dans le consulting ou la finance, les filières les plus prédisposées à la préparation d’un MBA. D’autres formations s’adressent aux cadres de 30 à 50 ans ayant une expertise sectorielle et internationale et qui veulent se réorienter vers un type de métiers comme ceux du conseil en management en management, par exemple.
Un environnement multiculturel
Autrement dit de futurs entrepreneurs qui vont exercer des responsabilités au niveau international mais qui attendent de cette formation d’acquérir les us et coutumes de chaque pays. Car on ne dirige pas une entreprise française comme une entreprise britannique, germanique, hispanique, italienne, etc. Même si tout est mis en œuvre pour favoriser les échanges internationaux, il existe encore dans le monde économique des différences culturelles (histoire commune, traditions, coutumes, climat, système politique, système social, système éducatif...) très marquées entre les pays industrialisés.
Le brassage des cultures au sein des promotions de MBA constituées d’étudiants provenant du monde entier et d’horizons professionnels très divers qui vont de la culture à l’industrie chimique, en passant par le sport, l’informatique, le secteur public, la finance, l’ingénierie ou encore l’éducation permet donc de se confronter à ces réalités. De l’avis d’anciens étudiants, le MBA leur aura permis de travailler avec plusieurs nationalités différentes et de trouver les clefs pour s'intégrer, pour ménager les divergences d'opinion, bref pour travailler ensemble et trouver des solutions en équipe.
La diversité culturelle est une particularité des MBA. Celle de se constituer un réseau relationnel international aussi. Les contacts entretenus tout au long de la formation avec les étudiants, les professeurs, les anciens dont un grand nombre fait partie aujourd’hui de la direction générale de nombreuses entreprises, permettent aussi de se constituer un riche carnet d’adresses professionnel.
Le diplôme chéri du monde des affaires
Plus qu’un diplôme, le MBA est un label mondialement reconnu. Le monde des affaires, les cabinets de conseil, la banque et la finance ne jurent que par ce précieux sésame.
Au-delà de l'acquisition des connaissances, le MBA favorise aussi l'épanouissement d'un état d'esprit. Il forme des dirigeants à l'esprit curieux et inventif qui sauront se conduire en agents de changement responsables, respectueux des personnes, et ayant le sens de l'éthique.
La mobilité en fait partie intégrante. Pour évoluer, les jeunes cadres doivent désormais accepter de changer de poste au plan international, une, deux voire trois fois au cours de leur carrière. Les nouveaux managers multilingues jonglent avec deux, trois, quatre quand ce n'est pas cinq langues. La plupart d'entre eux travaillent dans un environnement multiculturel ou collaborent quotidiennement avec des personnes d’au moins quatre nationalités différentes ou interagissent chaque jour avec au moins trois nationalités différentes.
L’art d’apprendre à gérer stratégiquement
Le MBA enseigne les différents moyens d'apprendre à gérer les autres et développe des capacités d'analyse, de synthèse et de prise de décision, etc. « Car "manager" implique aussi de savoir anticiper (ce qui peut se passer), décider (ce que l'on va faire), organiser (les ressources humaines, matérielles, financières, etc. pour le faire), mobiliser (les hommes qui vont le faire), adapter (l'action en fonction des besoins) », notent les auteurs de la Lettre du Manager. Et d'ajouter : « le management n'est pas que du bon sens. Il met en œuvre des principes simples, prouvés par des faits, validés par l'expérience. Tous ceux qui prétendent diriger une entreprise ne peuvent se passer des théories et des techniques existantes. Pour un patron, le management est plutôt une philosophie, un état d'esprit, une conviction, un mode de pensée, des règles à respecter, des méthodes à suivre, des erreurs à éviter, des astuces. »
Un diplôme aux mille vertus
Le MBA a plusieurs vertus. D’une part, il offre une structure académique en relations avec les événements observés dans la vie professionnelle. L’enseignement du MBA permet de prendre des décisions mieux adaptées et plus judicieuses dans la vie professionnelle. Il permet de booster sa carrière ou d’opérer un changement de carrière.
Nombre de participants avouent en sortir grandit et beaucoup témoignent avoir retrouvé une réelle confiance en eux-mêmes grâce à la richesse des échanges avec les autres participants, tous brillants et représentant souvent de fortes personnalités, avoir gagné en maturité. Sur le plan professionnel, nombreux sont ceux qui expliquent avoir acquis une nouvelle façon de penser, une méthode innovante en termes de travail et d’approche managériale, qui leur aura permis de se recentrer et d’accroître leur efficacité. Comme le monde professionnel, le programme de MBA est exigeant et intense. Il suppose un fort investissement personnel tant intellectuel que physique. Cette formation vous pousse au-delà de vos limites et impose une charge de travail incommensurable.
Compléter ses lacunes en management
Bien que chaque école garde ses spécificités, le programme de MBA repose de manière générale sur un tronc commun de connaissances dans les disciplines de bases du management qui correspondent aux grandes fonctions de l'entreprise – le marketing, la stratégie, la finance, la comptabilité, les ressources humaines, l'économie, le management des opérations, etc. – sur lesquelles viennent se greffer des matières optionnelles qui, elles, correspondent à des besoins sectoriels, de spécialités de l'entreprise.
En d’autres termes, le MBA offre une formation de haut niveau en management général et selon, des modules de spécialisation comme par exemple l’audit, le management de projet, la logistique, etc. Il permet donc « de compléter ses lacunes en management et de renforcer ses connaissances en finance et comptabilité », commentent de nombreux participants. Mais ils attendent aussi de ce programme qu’il leur permette d’élargir leur expertise et de les préparer à exercer des fonctions de management, d’entrepreneuriat et de leadership dans tous types d’organisations, et ce, dans des environnements internationaux et multiculturels.
Pour répondre à leurs attentes, les programmes MBA s’organisent bien souvent en deux temps : au cours de la première partie du programme, les participants suivent des cours fondamentaux visant à l'acquisition des concepts et outils de base du management (finance, stratégie, management des ressources humaines, marketing, …). Lors des deuxième et troisième semestres du programme, ils doivent conduire un projet, pour le compte de leur entreprise ou à titre individuel (création d'entreprise). Durant cette période, les enseignants suivent les différentes étapes du projet, depuis la conception jusqu'à son évaluation financière.
Anglais de rigueur
Au sein des promotions, la communication s’effectue, à de rares exceptions près, en anglais. Diplôme international par excellence, le MBA suppose donc une maîtrise excellente de la langue de Shakespeare. Le rythme du MBA dépend de la formule choisie (à temps plein, à temps partiel…). Il favorise le travail en équipe, la collaboration donnant lieu à des échanges de points de vue enrichissants entre participants. Certains programmes français offrent la possibilité de participer à des worshops internationaux ou bien encore à des séminaires ou semaines d’études délocalisés à l’étranger.
Part-time vs full-time
S'il est acquis qu'un MBA est un réel accélérateur de carrière, en choisir un n'est pas une mince affaire. Pour maintes raisons. Suivre un MBA n'est pas sans conséquences sur sa vie personnelle en termes financier et relationnel. Aussi gare aux décisions hasardeuses. Reprendre des études souvent longues et onéreuses oblige certains à faire des sacrifices professionnels et familiaux.
Ainsi, les programmes de MBA se sont adaptés à la demande. Et l'on a vu émerger des programmes aux formats différents, toujours plus éloignés du modèle classique du MBA (à temps plein notamment ou full-time), qui ont d'emblée séduit des cadres désireux d’offrir un nouveau souffle à leur carrière mais en quête de formation de courte durée leur permettant de conserver leur activité professionnelle, moins coûteuses, en phase avec une vie de famille et professionnelle établie. MBA spécialisés, part-time, executive : les nouveaux modèles connaissent un succès croissant.
Le MBA full-time en 2 ans est la formule la plus classique du MBA et le modèle le plus répandu aux États-Unis. Elle comprend un stage en entreprise. Cette formule ne permet pas de poursuivre une activité salariée. Le MBA part-time est la forme la plus courante de MBA aménagée avec cours le soir et/ou le week-end ou autres programmes modulaires (semaines de cours bloquées). Il peut durer de 2 à 3 ans. Cette forme de MBA s'adresse notamment aux candidats en activité.
Enfin, il existe aussi toutes sortes de MBA spécialisés, en particulier ceux qui se concentrent sur un secteur d'activité précis : aérospatial, assurances, luxe, hôtellerie, agroalimentaire, technologies et management, vins et spiritueux, etc. Citons aussi les MBA à distance ou on line qui s'appuient sur des méthodes pédagogiques et un tutorat. En outre, de nombreuses structures affichent un programme de MBA en association ou non avec une université étrangère. En France, c'est à l'INSEAD que l'on doit le développement du premier programme MBA, en 1959. Depuis, HEC, l'ESCP Europe, l'ESSEC, l'EM Lyon, Audencia, EDHEC et consœurs ont développé leur programme. Sciences po, les écoles d'ingénieurs, les écoles spécialisées ont suivi le mouvement. Et le MBA n'est plus l'apanage des seules écoles de commerce et d'ingénieurs. Paris IX-Dauphine et l'IAE d'Aix-en-Provence ont ouvert la voie des MBA dans les universités.
L’Executive MBA
Si le marché américain est ouvert aux jeunes diplômés frais émoulus de leur école, nombre de programmes estiment qu’une expérience professionnelle plus longue est nécessaire à l’acquisition d’un diplôme MBA.
Mais les managers ou les ingénieurs qui occupent des fonctions clé en entreprise n’ont pas toujours la liberté de suivre une formation à temps plein. Ainsi l'Executive MBA serait-elle devenue une formule adéquate pour reprendre des études sans interrompre le cours de sa carrière ? Oui, à en croire de nombreux acteurs. De plus en plus d’Executive MBA sont aussi conçus pour permettre aux managers de continuer à travailler pendant toute la durée du programme. La structure même du programme (formats week-end et modulaire basé sur une semaine de formation toutes les 5 semaines par exemple) permettent une application immédiate des connaissances et pratiques acquises au sein du MBA.
La moyenne d’âge frôle plus les 35/40 ans et bon nombre de participants justifient d’une expérience professionnelle plus que significative de l’ordre d’une dizaine d’années passées dans le monde de la finance, dans le secteur bancaire, dans l’industrie ou dans le consulting.
Dix ans, est-ce vraiment une période propice pour reprendre le cours de ses études ? « Oui, 10 ans d’expérience professionnelle au minimum se justifient lorsque le candidat pense être à un tournant de sa carrière professionnelle, que son projet s’inscrit dans un projet de formation et d’évolution professionnelle avec son entreprise », commente Denis Dauchy, directeur de l’Executive MBA de l’EDHEC. Un point de vue partagé par de nombreux responsables de formation. Oui mais à quelles fins ? « Lorsque l’on souhaite donner une nouvelle impulsion à son parcours professionnel pour évoluer dans son entreprise ou lorsque l’on ressent le besoin de développer ses compétences en management ou encore quand on souhaite se réorienter professionnellement. Aujourd’hui, dans un monde professionnel qui évolue rapidement, la formation ne doit plus s’aborder plus sous le seul angle de la formation initiale. L’Executive education permet notamment d’apprendre à gérer le changement et à intégrer les apprentissages dans une dimension internationale », ajoute Guy Bernard de l’EM Normandie.
Les accréditations
Mais alors, comment se repérer dans une offre aussi foisonnante et hétérogène ? Il existe d'excellents indicateurs de choix, dont les accréditations qui représentent un gage de qualité des programmes. En théorie, elles doivent valider les processus, la méthode pédagogique et le mode de fonctionnement de la formation. Les plus connues émanent de trois principaux organismes internationaux (AMBA, AACSB et EFMD). Sur les 3 000 MBA existants, près de 147 universités et écoles ont reçu la prestigieuse accréditation AMBA. Label international, d’origine anglaise et créé en 1967, l’Association of MBA’s (AMBA) récompense la qualité des standards académiques appliqués dans les programmes de MBA. Pour la décerner, l’association britannique a déterminé un certain nombre de critères de qualité : le contenu des programmes, le niveau du corps professoral, les qualifications et le cursus des élèves admis, l’évaluation et le suivi des participants/diplômés. Les MBA des institutions triplement accréditées AMBA, EFMD (EQUIS) et AASCB sont incontestablement les plus prestigieux.
Identifier le bon programme
Reste que le nombre d'organismes accrédités connaît une croissance exponentielle et remet en cause la valeur des accréditations. Le coût de la formation, le prestige de l'institution et l'importance du réseau d'anciens, l'internationalisation de la formation, la composition du corps professoral, le pourcentage d'étudiants étrangers, le panel d'« electives » (options), les débouchés offerts et le soutien apporté par les entreprises sont aussi des critères à ne pas négliger. Les accréditations, la sélectivité, les conditions d'admission, la question du financement viendront également affiner votre choix.
Quelle que soit la formule retenue, tout candidat doit satisfaire aux épreuves de sélection. A l’instar de ce qui se pratique outre-atlantique, la plupart des formations exigent que les candidats fournissent un dossier au demeurant très classique comprenant une lettre de motivation, un CV, des essays, des lettres de recommandations et qu’ils puissent justifier du GMAT (Graduate management admission test). Ensuite, les critères ou conditions requis peuvent varier d’une institution à l’autre. La qualité de l’expérience professionnelle (niveau managérial, diversité du background, prédisposition à une carrière internationale), le niveau de la formation initiale, la qualité du projet professionnel, feront l’objet de toutes les attention au cours de l’entretien. Pour mettre toutes les chances de son côté, un candidat devra mettre en exergue ses qualités et managériales, son degré d’ouverture pour espérer intégrer une telle formation.
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