ESC Toulouse : l'engagement en plus !
EspaceGrandesEcoles.com : 23/07/2010Tout juste revenus de votre tour de France des oraux, vous avez des discours plein la tête : ceux de votre famille et de vos amis, ceux de vos professeurs, ceux des étudiants qui vous ont accueillis dans les écoles et ceux des directeurs qui ont à chaque fois cherché à vous rassurer sur votre avenir. Il n’y a que l’ESC Toulouse qui n’aura pas cherché à vous ménager ! Parce que vous serez les « pilotes du changement », cela nécessite de l’énergie, de l’implication, de l’engagement. Voilà ce que la business school attend de vous et ce discours, elle le tient depuis longtemps déjà…
Dans les Grandes Écoles de commerce françaises, vous l’aurez constaté ces dernières semaines, il est de tradition d’accueillir les admissibles autour d’un thème qui donne le ton de l’ensemble des oraux. Vous vous êtes arrêtés dans des écoles qui avaient décoré leurs locaux et apprêté leurs étudiants pour l’occasion. Pour agréables que soient ces attentions, elles ne vous permettent jamais d’arriver complètement rassurés à l’entretien.
À l’ESC Toulouse non plus, la thématique choisie pour les oraux ne vous aura pas aidé à arriver plus grand ou plus fort face au jury. Mais elle aura permis quelque chose de bien plus essentiel : elle aura fait passer un message…
Redéfinir le cadre…
« Sortez du cadre », c’est ce à quoi l’ESC Toulouse vous a invité durant tout le temps des oraux. La business school a d’ailleurs mis en application ce conseil en décidant d‘investir dans des moyens importants pour organiser les épreuves orales du concours. D’ordinaire, vos entretiens se déroulaient en 30 minutes face à deux personnes : un professionnel et un représentant de l’école qui vous accueillait (en général un membre du corps professoral). À l’ESC Toulouse, le jury était composé de trois membres qui ont eu 45 minutes entières pour parler avec vous. Cela n’a l’air de rien, mais c’est d’abord l’occasion pour vous d’avoir un échange réellement constructif avec le jury sans qu’il ait à vous interrompre au bout de 20 minutes pour délibérer, et cela ajoute aussi une part de travail conséquente à l’ESC Toulouse, qui s’est mobilisée pour trouver les jurys supplémentaires et aménager l’emploi du temps adéquat.
La business school toulousaine a donc tout mis en œuvre en amont pour vous laisser le temps ensuite de « sortir du cadre ». Et c’est d’ailleurs ce à quoi vous aurez été incités par Hervé Gasiglia, le directeur du programme Grande École : « L’oral n’est en aucun cas un exercice qui nous permet d’évaluer les connaissances académiques du candidat. C’est le rôle des épreuves écrites. En revanche, pendant l’entretien, nous allons chercher des étudiants qui auront envie de réussir leur vie professionnelle en apportant autre chose à l’entreprise que ce qui est d’ordinaire demandé aux cadres qu’ils deviendront. Ce n’est pas simple à identifier, mais, pour vous donner un exemple, cela peut passer par la capacité d’indignation dont certains font heureusement preuve devant un certain nombre d’injustices. » Ce discours, vous ne l’avez entendu nulle part ailleurs, et c’est parce que l’ESC Toulouse s’est donné une mission qui la distingue entre toutes : « Former les pilotes du changement ».
S’engager dans un parcours responsable
« Vous aurez noté le clin d’œil à Toulouse, la ville de l’Aéronautique — qui est aussi, je le souligne au passage, la première ville de France où il fait bon d’étudier selon le dernier classement de L’Étudiant —, signale Hervé Gasiglia. Mais “Former les pilotes du changement”, c’est avant tout cultiver la différence chez nos étudiants afin qu’ils intègrent les entreprises avec d’autres objectifs en tête que la rentabilité de leur future activité… » Et cela passe d’abord par une approche pédagogique qui met les problématiques liées à la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et au développement durable au centre de l’apprentissage.
Dès votre rentrée à l’ESC Toulouse, et tout au long de la 1re année, vous aurez à suivre une série de conférences sur les grands enjeux sociaux et environnementaux actuels, données par des professionnels : « Vers une économie sans carbone », « Enjeux sociaux et droits humains dans les entreprises », etc. C’est assez classique, mais cela ne constitue que le premier volet du « Parcours RSE » que suit l’intégralité des étudiants de 1re année. « Nous avons décidé d’aborder ces questions en conjuguant différentes méthodes pédagogiques. Cela s’avère plus efficace que de se contenter uniquement de cours magistraux ou d’études de cas », souligne Corinne Delpuech, professeur de gestion des ressources humaines qui coordonne les initiatives de l’ESC Toulouse en matière de RSE et de développement durable. Il est justement question d’études de cas dans le deuxième volet du « Parcours RSE », qui propose aux étudiants de découvrir certains concepts en étant partie prenante. « Ils prennent mieux conscience, durant ces exercices, de la nature des contradictions qui peuvent exister entre syndicats, salariés et actionnaires. Cet aspect du “Parcours RSE” s’achève par l’analyse critique d’un rapport de développement durable produit par une entreprise », détaille Corinne Delpuech.
Il est également question d’analyse dans deux autres des volets de ce parcours. Le mémoire de recherche en sciences de gestion que vous aurez à réaliser en 1re année devra être rédigé sous le prisme de la RSE et du développement durable. Vous aurez le choix du thème (finance, marketing, communication, etc.), mais devrez orienter vos recherches en réfléchissant aux impacts de votre sujet dans ces deux domaines. Même chose pour le mémoire de stage que vous aurez à rendre à l’issue de votre première expérience en entreprise : « Nous demandons aux étudiants d’analyser l’organisation de la société en faisant référence à des concepts de la sociologie des organisations et de la psychologie des entreprises, mais également sous l’angle de la RSE. Ils doivent pouvoir analyser les conséquences sociales et environnementales des décisions qui auront été prises. Ce qui est encourageant, c’est que certains étudiants viennent me demander comment conseiller l’entreprise dans laquelle ils effectuent leur premier stage ! », se félicite Corinne Delpuech.
Passer à l’action
Rien d’étonnant à ce que les étudiants de l’ESC Toulouse aient envie de faire bouger les choses dès leur premier contact avec l’entreprise, puisqu’ils auront eu maintes occasions de passer à l’action sur le campus. Notamment lors des « Assises nationales étudiantes du développement durable » qui se déroulent depuis quatre ans à leur initiative et que l’École a introduites dans le « Parcours RSE ».
Les étudiants y prennent part de différentes manières, mais sont à l’origine de chaque décision prise durant la journée, depuis l’organisation des tables rondes, le choix des thèmes (« Comment réduire la pauvreté ? », « Le microcrédit », « Le slow-food », « Les cosmétiques « bio » », etc.) et des intervenants, jusqu’à l’installation d’une salle zen et la conduite d’un défilé de mode éthique… « Les assises du développement durable permettent aux étudiants de s’approprier complètement les problématiques liées à la RSE et au développement durable, insiste Corinne Delpuech. Elles ont même donné lieu à la création du REFEDD, le RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable. » À l’occasion de ces assises sont organisés deux concours. Le premier permettant aux étudiants de voter pour le projet d’entreprise le plus innovant et le second leur offrant la possibilité de présenter un projet en lien avec le développement durable, qui se retrouve en concurrence avec des projets portés par des étudiants d’écoles d’ingénieurs ou des universités. Et les idées ne manquent pas, entre le projet d’aide à la réimplantation de familles d’agriculteurs mongoles intitulé « Steppe by steppe », celui de réaliser un écoguide pour les étudiants toulousains ou de couvrir le parking d’une école de panneaux photovoltaïques…
Coordonner des projets
Il faut dire qu’en matière de gestion de projet, les étudiants de l’ESC Toulouse ne restent pas longtemps profanes ! Ils s’y frottent dès le premier semestre de la 1re année grâce aux « Projets Delta ». « Dès la rentrée, les étudiants se réunissent par groupes de cinq ou six avec lesquels ils avanceront jusqu’en avril sur le “Projet Delta”. Ils ne se connaissent pas encore très bien, tout comme cela sera le cas des collègues avec lesquels ils travailleront plus tard. Une fois les équipes constituées, nous leur demandons de définir un projet, qui pourra prendre la direction de leur choix. L’idée est simple : nous leur disons “Vivez vos passions !” », explique Nicole Miquel-Belaud, professeur de marketing et coresponsable des « Projets Delta » au sein de l’École.
C’est d’ailleurs l’idée qui a été développée depuis la création de ces « Projets Delta » il y a quinze ans, car la business school toulousaine estime que l’« on ne s’investit jamais mieux dans un projet que lorsqu’on l’a décidé », selon les mots d’Hervé Gasiglia. Petit à petit est venue se greffer à cette notion de liberté (et de confiance), celle de management de projet et des bénéfices directs que vous retireriez à appliquer dès le lendemain, pour faire avancer votre projet, ce que vous auriez vu la veille en cours de gestion, par exemple. « Les “Projets Delta” permettent également à nos étudiants de prendre en considération l’aspect global d’un projet et pas seulement de s’y atteler tâche après tâche. Nous les obligeons à avoir une vue d’ensemble pour ne prendre de retard sur aucun des aspects du projet. » Pour cela, vous serez accompagnés par un tuteur et un parrain. Le professeur, qui deviendra votre tuteur parce que votre projet l’aura intéressé, vous apportera une aide méthodologique ; le parrain, un professionnel que vous serez allé chercher, vous fera partager son expérience du terrain. Entre-temps, vous aurez fait le point à deux reprises avec l’École. D’abord en novembre, puis en janvier, pour présenter l’avancée de vos projets. « Tous les étudiants passent ensuite un oral où ils doivent réaliser une présentation globale de leur projet, détaille Nicole Miquel-Belaud. Nous notons également le rapport écrit qu’ils nous rendent. Nous les jugeons comme des professionnels, en regardant si les objectifs fixés ont été atteints, et s’ils ont montré une capacité de rebond face à un échec éventuel. »
Certains sont d’ailleurs des professionnels à la veille de créer une véritable activité. « Chaque année, une dizaine de “Projets Delta” est en lien avec la création d’entreprises. Si l’idée, le business model et le business plan sont validés à l’issue de la 1re année, les étudiants peuvent être amenés à devenir de véritables entrepreneurs dès la rentrée suivante », précise Nicole Miquel-Belaud. Mais ce n’est pas l’objectif initial de ces projets, qui peuvent être aussi bien humanitaires, comme celui qui permet de venir en aide aux femmes népalaises en mettant en vente leurs créations à Toulouse ; sportifs, comme le Student’s Challenge, le raid marocain qui prépare sa 4e édition ; culturels, comme le concours du meilleur groupe de rock de la région qui a remporté un grand succès cette année ; artistiques, comme le « Teesh’de la semaine » ; ou encore en lien avec la vie de l’École, comme ont choisi de le faire certains étudiants en créant le « Job service » pour lequel ils ont passé des accords avec les agences d’intérim afin de permettre à ceux qui ont besoin de travailler de trouver des jobs compatibles avec leur emploi du temps.
S’impliquer sur le terrain
Tous ces exemples montrent bien les différents degrés d’engagement des étudiants de l’ESC Toulouse. En équipes, ils auront tous accompli une mission qui aura, d’une manière ou d’une autre, bénéficié à la collectivité. C’est seuls, en revanche, qu’ils auront à accomplir les 50 heures citoyennes qui comptent pour le passage en 2e année. « Nous avons mis en place ce service civique il y a maintenant cinq ans. D’autres l’ont fait avant ou depuis, précise Hervé Gasiglia, mais nous sommes l’École en Europe qui totalise le plus grand nombre d’heures de service civique réalisées par ses étudiants. » « Et il ne s’agit pas d’aider à la logistique ou à la communication d’une association en restant derrière un bureau, ajoute Nicole Mique-Belaud ! Ils seront sur le terrain pendant les 50 heures. » Certains choisissent de s'engager dans des actions humanitaires (Restos du Coeur par exemple...). D’autres concentrent leur action en faveur des élèves en difficulté dans des collèges et lycées des zones sensibles. Dans tous les cas, ils seront 70 % à effectuer plus que les 50 heures demandées par l’ESC Toulouse…
« Parcours RSE », « Projet Delta », service civique… vous serez partout et tout le temps engagés au cours de votre 1re année à l’ESC Toulouse. Et nous n’avons même pas évoqué le formidable dynamisme des associations étudiantes au sein desquelles vous aurez sûrement envie de vous impliquer !
Quant à l’École, que fait-elle de son côté ? Et bien comme vous : elle s’engage ! En signant les « Principles for Responsible Management Education » (PRIME) ; en créant un comité RSE DD composé de professeurs, d’étudiants, de professionnels et de représentants de la direction qui travaillent à définir sa démarche globale en termes de RSE et de développement durable ; en créant la Fondation ESC Toulouse, qui attribue notamment des bourses aux étudiants en difficultés financières ; en faisant confiance à ses étudiants pour « piloter le changement »... Il semble d’ailleurs qu’elle ait raison car ce sont eux qui ont réalisé le bilan carbone de l’École et eux encore qui ont choisi de reverser l’intégralité des bénéfices réalisés par les associations cette année à la Fondation de l’École pour financer des bourses.
Rédaction : Stéphanie Ouezman
Photos : Nicolas Pages
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