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La réforme de la formation continue entre en application

 Trois ans après l’adoption de la nouvelle loi sur la formation tout au long de la vie, les entreprises se sont emparées des diverses mesures. D’autres sont déjà en préparation.
 
Gwenole Guiomard

La réforme de la formation professionnelle continue

La réforme de la formation continue entre en application

La réforme de la formation professionnelle continue a été promulguée le 4 mai 2004. Elle constitue l’une des lois fondamentales en matière de formation continue depuis plus de trente-cinq ans. Les différentes composantes de la nouvelle loi sont donc devenues des obligations pour les entreprises. « Ces dernières doivent donc informer leurs salariés sur la loi », indique Sophie Jouannaud, consultante en ressources humaines. Il incombe ensuite au responsable du service Formation d’identifier les cursus pouvant les intéresser. Les entreprises les plus avancées montent aujourd’hui leur plan de formation en intégrant la réforme. Elles doivent aussi mettre en œuvre les entretiens professionnels, former les managers à leurs nouveaux rôles ou élaborer les catalogues des formations pour le Droit individuel à la formation (DIF). « Après avoir informé ses salariés de l’existence du DIF, l’entreprise doit prendre les devants et s’enquérir des attentes des employés en matière de formation, explique Laurent Berthier, consultant en ressources humaines à la Cegos, le principal formateur privé français. Une fois ces données récoltées, elle doit déterminer les compétences dont elle a besoin. Il est ensuite nécessaire de s’entendre pour trouver un dénominateur commun entre les attentes des salariés et ses volontés. »

20 heures pour se former

20 heures pour se former

Le Droit individuel à la formation est la mesure qui est la plus en vue de cette réforme. Il est aussi le plus novateur. C’est aussi à partir du DIF que se développe la volonté d’arriver à des droits à la formation transférables. On peut ensuite imaginer des crédits formation à l’horizon 2015-2020 (lire l’encadré page suivante). Mais, aujourd’hui, ce droit autorise le salarié à suivre 20 heures annuelles de formation, cumulables pendant six ans, ce qui fait un maximum de 120 heures. Le bénéficiaire doit être employé à temps plein, en contrat à durée indéterminée. Il doit par ailleurs justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. Pour les salariés en contrat à durée déterminée et/ou à temps partiel, la durée de leur DIF sera calculée en fonction du temps de travail effectué. Le contenu de la formation est décidé conjointement par l’entreprise et le salarié. Si, par deux fois, ces deux acteurs ne s’entendent pas sur la formation, le salarié peut demander à transformer son DIF en Congé individuel de formation, financé en priorité par un Opca (Organisme paritaire collecteur agréé). Les DIF sont cumulables, mais ne peuvent être transférés d’une entreprise à l’autre. À l’issue d’une collaboration, le salarié devra suivre son DIF avant de quitter son entreprise. Sinon, il en perd le bénéfice.

La professionnalisation

La professionnalisation

C’est l’avancée majeure de cette réforme. La nouvelle loi crée une période de professionnalisation pour cinq publics prioritaires, dont les salariés de plus de 40-45 ans (l’âge varie selon les différentes branches d’activité), ceux qui justifient de vingt ans d’activité professionnelle ou ceux dont la qualification est jugée insuffisante au regard des évolutions technologiques et de l’organisation du travail. Cette période de professionnalisation oscille entre 50 et 600 heures de cours.

Nouveau contrat

Nouveau contrat

Le contrat de professionnalisation a remplacé le contrat de qualification depuis la fin 2004. Il concerne les jeunes de moins de 26 ans, sans qualification professionnelle, ou ceux qui veulent compléter leur formation initiale – quel qu’en soit le niveau – et les demandeurs d’emploi.

Sa vocation est de leur permettre d’acquérir un diplôme ou un titre à finalité professionnelle. Le contrat de professionnalisation dure entre six et vingt-quatre mois au minimum. Mais il pourra dépasser vingt-quatre mois pour les jeunes sortis du système éducatif sans qualification professionnelle reconnue, sur décision de la branche professionnelle.

1, 6 % de la masse salariale

1, 6 % de la masse salariale

Le taux de contribution financière est, depuis le 1er janvier 2004, de 1,6 % de la masse salariale brute pour les entreprises de 10 salariés et plus. Il est de 0,55 % pour celles de moins de 10 salariés.

Quelles évolutions prévues pour la formation à l’horizon 2010 ?

Quelles évolutions prévues pour la formation à l’horizon 2010 ?

Marc Dennery est directeur associé de C-Campus, entreprise de conseils en formation

Dans le domaine de la formation continue, le changement majeur qui interviendra d’ici à 2010 devrait concerner les Organismes collecteurs paritaires agréés (Opca). Il s’agira d’en réduire le nombre. Pour favoriser la transférabilité du Droit individuel à la formation, une caisse commune devrait être créée. Elle permettrait alors d’ouvrir un compte-formation que le salarié emportera avec lui en changeant d’entreprise, comme pour les droits à la retraite. On pourrait donc passer du droit à la formation du salarié au droit à la formation du citoyen. On peut imaginer qu’une personne disposera donc de crédits formation qui s’additionneront, selon les circonstances, et qu’il pourra les utiliser quand il le jugera nécessaire. Ces formations pourraient être organisées pendant les périodes de chômage, par exemple, pour développer l’employabilité du salarié et le remettre le plus vite possible en activité. »





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